Le Jardin Botanique Médiéval


Après la découverte de vestiges d’une maison forte au cœur de la forêt de Courcy, les membres de l’association A.R.E.G.H.A.T ont décidé de créer un site qui présenterait un aperçu à 360° de la vie au Moyen-âge. La redécouverte d’espèces végétales qui existaient à cette époque poussa M. Boucher Rémy (horticulteur à la retraite) à recréer un jardin médiéval dans les années 90. Débuté avec une quantité restreinte de plantes, le jardin recense à ce jour plus de 800 espèces végétales utilisées dans les campagnes avant le XIVe siècle. Vous pouvez télécharger ici la liste des plantes non exhaustive (dernière mise à jour en 2008).

Rémy Boucher et son jardin
Rémy Boucher et son jardin

A la redécouverte du passé

Au Moyen-âge un jardin était toujours clos et situé à proximité ou à l’intérieur de  l’enceinte d’un monument religieux ou civil. Il comprenait également des structures construites telles que des bancs, un point d’eau, des pergolas, des allées, etc. Les plantes y étaient ordonnées en espaces limités par des bordures en bois, des plates-bandes, ou des fascines en branches (plessis) de saule, d'osier, de châtaigner ou même parfois de ciboulette !

L’organisation de notre jardin est conforme à cette tradition. Nous nous sommes servis ici de simples barres de bois, afin de bien respecter le contexte du jardin, de l'époque et du milieu rural dans lequel nous sommes situés.

Il se compose également de stands thématiques permettant de faire le lien entre les plantes et leurs différentes utilisations que ce soit pour l’alimentation, la teinture, les textiles, la médecine ou la sorcellerie. Une exposition d’essence de bois et un rucher, composé de ruches telles qu'elles existaient à cette époque (rarement présent dans les jardins médiévaux actuellement reconstitués), complètent le parcours.

Situé prés de l’ancienne maison forte, ce jardin n'a donc pas la vocation d'un jardin d’agrément mais plutôt celle d'un jardin utilitaire. 

Exposition d'essences de bois
Exposition d'essences de bois
Ruches médiévales
Ruches médiévales

Un Jardin Hors du Commun

Aucun jardin médiéval ne comptait autant de variétés (on y trouvait une soixantaine d’espèces au maximum), mais nous avons essayé de reconstituer ici l'ensemble des cultures moyenâgeuses. Le jardin se compose de différentes parties organisées selon l’utilisation faite des plantes au Moyen Age.

Vue du jardin bouquetier et de l'hortus et du verger au fond
Vue du jardin bouquetier et de l'hortus et du verger au fond

Une partie florale appelée jardin bouquetier est située à l’entrée et présente un échantillon des principales variétés de roses, d’œillets, de bleuets, d’iris, etc. Leur emploi était principalement réservé à la décoration des autels.


Une partie légumière, l’hortus, est dédiée aux légumes et légumineuses (radis, asperges, épinards, panais, pois chiches, lentilles, etc.), généralement consommés en potées.

Une des entrées du verger
Une des entrées du verger

Derrière le jardin bouquetier et le long de l'hortus se trouve une partie dédiée aux arbres fruitiers appelée vergier ou pomarium. La plupart des espèces fruitières actuelles existaient déjà au Moyen Age mais les arbres étaient plus bas car à cette époque on aimait cueillir les fruits sans avoir besoin d’y monter.

Nous avons ici, entre autres, le cormier (rare maintenant dans la région), pommiers, poiriers, pêchers, pruniers, etc. On y trouve aussi quelques arbustes (cassis, groseillier, arbousier), sans oublier la vigne, une des principales cultures sur notre commune pendant toute la période concernée. Certains arbres étaient greffés, la pratique du greffage étant déjà bien maîtrisée.

Vue de l'herbularius
Vue de l'herbularius

A droite de l'entrée, de l'autre côté du jardin bouquetier, et s'étendant sur la quasi entièreté du jardin, une partie utilitaire, médicinale et condimentaire, herbularius, comprend :


  • Les plantes tinctoriales (la garance, l’alchémille, etc.) ;
  • Les plantes textiles (le chanvre) ;
  • Les plantes médicinales (l’absinthe, l’acanthe, le bleuet, l’épiaire bétoine, le houx, etc.) ;
  • Les aromates et les condiments  (l’ail, le romarin, le maceron, l’orpin blanc, le radis noir, etc.).

 

Enfin, à l'arrière du jardin, on trouve le « jardin des sorcières ». Celui-ci est composé de deux massifs contenant des plantes vénéneuses qui servaient à confectionner des philtres utilisés en sorcellerie. Entre autre on y retrouvera la ciguë, la jusquiame noire, la belladone, etc.